I - Relations Diplomatiques :
Le Maroc est le premier pays d'Afrique avec qui le Brésil a établi des relations diplomatiques. La première représentation brésilienne sur le sol marocain a été installée en 1884, quand l'Empire du Brésil a ouvert un Consulat à Tanger, qui était alors une ville internationale. Ce Consulat a fonctionné jusqu'en 1961. Mais les relations diplomatiques entre les deux Gouvernements n'ont véritablement débuté qu'en 1906, quand le Ministre Plénipotentiaire du Brésil à Lisbonne a présenté ses lettres de créance au Sultan Moulay Abdelaziz. Il est devenu ainsi le premier Chef de Mission Diplomatique de la jeune République brésilienne (proclamée en 1889) auprès du Makhzen Chérifien. Ce n'est qu'en août 1963, que le Brésil a installé une Ambassade résidente à Rabat, avec la désignation de l'important écrivain Rubem Braga comme premier Ambassadeur. Depuis, 10 Ambassadeurs se sont succèdes jusqu'à ce jour :
- Ambassadeur Rubem Braga (1963 - 1965)
- Ambassadeur Silvio Carvalho (1965 - 1968)
- Ambassadeur João Navarro da Costa (1968 - 1972)
- Ambassadeur José Jobim (1973 : 4 mois)
- Ambassadeur Dayrel de Lima (1973 - 1977)
- Ambassadeur Jacynto de Barros (1978 - 1982)
- Ambassadeur Henrique de Paranaguá (1982 - 1986)
- Ambassadeur Marcel Dezon Costa Hasslocher (1986 - 1989)
- Ambassadeur Antonio Sabino Cantuária Guimarães (1989-1996)
- Ambassadeur Marcelo Didier (1997 - 2000)
- Ambassadeur Lauro Barbosa da Silva Moreira (2000 -
..)
En 1967, le Brésil accueille le premier Ambassadeur du Royaume du Maroc. Depuis, plusieurs Ambassadeurs se sont succédés, parmi lesquels on retrouve le nom de l'ancien Ministre de la Communication, M. Mohamed Larbi Messari.
L'Accord de Suppression de Visas pour Touristes a été le premier accord bilatéral signé entre le Brésil et le Maroc. Cet accord, qui est toujours en vigueur, a été célébré en 1960 par des échanges de notes. Selon lui, les citoyens brésiliens et marocains ayant un passeport ordinaire n'ont plus besoin de visa pour séjourner dans l'autre pays, à condition que le voyage soit à but touristique. Le séjour dans le pays d'accueil ne peut pas dépasser 90 jours et le passeport doit avoir une validité de plus de 6 mois, depuis la date d'entrée dans le pays. Le 10 avril 1984, entre en vigueur un second accord signé à Fez, qui dispense les visas sur les passeports diplomatiques et de services.
II - Visites officielles d'autorités :
Bien que le Brésil et le Maroc aient établi des relations diplomatiques depuis 1906, les premières visites officielles n'ont eu lieu qu'en 1980. L'initiative est venue du Maroc, quand en mai 1980, le Premier Ministre Maati Bouabide devient la première autorité marocaine à se rendre au Brésil en visite officielle. Plusieurs journaux marocains parleront de cette visite comme étant un " voyage positif [
] tant sur le plan politique qu'économique " . En effet, cette visite a ouvert les portes aux échanges commerciaux entre les deux pays ; et aboutira deux ans plus tard à la conclusion d'un accord commercial bilatéral. Lors de sa visite, Bouabide a invité, au nom de Sa Majesté le Roi Hassan II, le Président Joao Figueredo à effectuer une visite officielle au Maroc.
Répondant à cette invitation, le Président Figueredo visite officiellement le Maroc du 9 au 11 avril 1984, accompagné d'une importante délégation de hauts responsables brésiliens. Le Président brésilien a été reçu par S.M. feu Roi Hassan II. Ils ont discuté sur les problèmes politiques internationaux de leur époque et ont remarqué à ce " une grande convergence de points de vues au sujet de la majorité des problèmes qui menacent la paix et la sécurité dans le monde " . Cette visite a eu d'importantes répercussions sur les relations entre les deux pays. En effet, deux nouveaux accords ont étés signés à Fez : l'Accord Culturel et l'Accord de Coopération Scientifique, Technique et Technologique. De plus, pour assurer la couverture de cet événement, 40 journalistes brésiliens se sont déplacés au Maroc. Une première dans l'histoire des relations bilatérales entre les deux pays ; jusque là, le Maroc n'avait jamais fait l'objet de tant d'intérêt par la presse brésilienne.
Durant les années 90, les contactes se sont faits plus souvent : 1992 et 1994 ont été les années les plus riches en rencontres. En janvier 1992, le Chancelier brésilien, Francisco Rezek, a visité le Maroc. Il a été reçu en audience par S.M. feu Roi Hassan II et par son homologue marocain, Abdelatif Filali, ainsi que par d'autres hauts responsables du Gouvernement marocain. Le but de cette visite était de contribuer au développement des échanges économiques, politiques, commerciaux, scientifiques, techniques, technologiques, culturels et éducatifs. D'ailleurs, l'abondance de matière produite à ce sujet par la presse locale reflète parfaitement le résultat hautement expressif de cette visite.
Cette même année, le Prince Sidi Mohammed, devenu plus tard le Roi Mohammed VI, s'est rendue à Rio de Janeiro en tant que chef de la Délégation Marocaine à la Conférence de Rio sur l'Environnement. A cette occasion, il s'est entretenu avec divers hauts responsables brésiliens. Aussi en 1992, Rabat a accueilli M. Antonio Cabrera, Ministre de l'Agriculture du Brésil.
En 1994, le Chancelier Celso Amorim s'est rendu à deux reprises au Maroc : en avril, pour participer à la Conférence Ministérielle des Parties Contractantes du GATT ; et en octobre, pour la Coupole sur le Développement Economique du Moyen Orient et de l'Afrique du Nord. Il s'est entretenu avec son homologue marocain Abdelatif Filali, ainsi qu'avec le Ministre de la Pêche et de la Marine Marchande.
Du coté marocain, l'Ambassadeur Maati Jorio, Directeur Général des Relations Bilatérales du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération, visite également à deux reprises le Brésil, en tant qu'Emissaire Spécial du Roi : en juin, il est reçu par le Président de la République et en août par le Ministre d'Etat brésilien. Il suggère au Gouvernement brésilien d'établir entre les deux Chancelleries un mécanisme de consultation politique, dans le but " d'identifier les points d'intersections et de dynamiser les synergies dans le traitement des thèmes d'intérêt commun " .
En février 1999, le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, Abdelatif Filali, visite officiellement le Brésil. " Convaincus de l'importance de la coopération et de la réalisation de contacts et consultations entre les deux Parties " , lui et son homologue brésilien signent, le 24 de ce mois, un Mémorandum d'entente pour l'établissement de Consultation Politiques, qui entre en vigueur " au moment de sa signature pour une durée indéterminée " .
En 2003, on a déjà eu la visite du Ministre de la Culture brésilien, Gilberto Gil, qui est aussi un grand chanteur et compositeur brésilien. Il a été reçu par S.E.M. le Premier Ministre Driss Jettou et par M. Mohamed Achaari, Ministre de la Culture, avec qui il a signé une Déclaration Conjointe et un Plan d'Action pour les années 2003-2005. Au mois de juin de cette même année, le Ministre de l'Environnement, M. Mohamed El Yazghi, a participé au Forum Brésil-Afrique, dans la ville de Fortaleza. Ensuite, il a réalisé une visite officielle à Brasilia, où il a signé un Protocole de Coopération dans le domaine des Eaux.
De la même manière, le Ministre de l'Habitat et de l'Urbanisation, M. Ahmed Hejira, s'est rendu au Brésil au cours du mois de juillet pour s'entretenir avec des hautes autorités brésiliennes et visiter plusieurs projets d'urbanisation, surtout dans les villes de Brasilia, Goiânia et Curitiba. Toujours dans le premier semestre de l'année 2003, le Vice Président de la Chambre des Conseillers du Maroc, M. Kadiri, a également visité officiellement le Brésil et s'est entretenu avec le Président du Sénat Fédéral et de la Chambre des Députés à Brasilia, ainsi qu'avec le Ministre des Affaires Etrangères.
Plusieurs visites sont prévues pour l'année 2003 encore. Comme celle des Ministres marocains du Commerce Extérieur et de la Culture, ainsi que du Ministre brésilien du Tourisme. Ce qui prouve que les relations entre les deux pays ne cessent de se multiplier et qu'elles viennent d'inaugurer une nouvelle phase marquée par une très riche coopération.
III - Le Brésil et l'Affaire du Sahara :
L'Affaire du Sahara est l'un des problèmes les plus complexes et persistants affrontés par la communauté internationale et qui dure depuis 40 ans. Mais le Gouvernement brésilien n'a eu véritablement contact direct avec ce problème qu'en 1975, date à laquelle une délégation diplomatique mauritano-marocaine a visité le Brésil pour y rencontrer le Ministre des Affaires Etrangères, M. Azeredo da Silveira. Cette Délégation parcourait alors les pays d'Amérique Latine en mission d'information. Ils ont exposé leurs positions communes sur la Question Saharienne et ont demandé au Gouvernement brésilien de faire pression sur le Gouvernement espagnol, afin de mettre un terme à la colonisation espagnole.
Dans les diverses Résolutions votées par l'Assemblée Générale des Nations Unis depuis 1965, le Brésil s'est toujours abstenu. Il n'a jamais reconnu la République Arabe Sahraoui Démocratique (RASD). A ce sujet, une dépêche de la MAP publiée par le quotidien Le Matin du Sahara du 12 mars 1997 rapporte que " Jallal Essaid
apprécie beaucoup la position du Gouvernement brésilien quant à la question de l'intégrité territoriale du Royaume ".
En 1980, le Premier Ministre marocain Maati Bouabide visite le Brésil, le Communiqué Conjoint de la visite traite du problème de manière assez discrète, sans aucune allusion directe au problème Saharien. Mais en 1984, lors de la visite officielle au Maroc du Président Figueredo, pour la première fois le sujet a été traité par la presse brésilienne. Dans le Communiqué publié au terme de la visite de Figueredo on retrouve le paragraphe ci-dessous:
" En ce qui concerne la Situation du nord-est africain, les deux parties ont manifesté la conviction que le Référendum constitue la solution appropriée pour mettre un terme aux tensions de cette région ".
De toute les manières, depuis le début, la position du Brésil vis-à-vis du problème du Sahara Occidental a toujours été cohérente : le sujet doit être traité à l'ONU, dont son Conseil de Sécurité, en respectant les positions des parties directement impliquées.
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