Relations Brésil-Maroc/
 

Relations Culturelles

   
 
Par Adriana Monteiro de Barros Almeida
   

I - Accord Culturel:

 

" Désireux […] de promouvoir et de développer leurs relations dans le domaine de la culture et de l'éducation ", le Brésil et le Maroc ont signé un Accord Culturel à Fez, le 10 avril 1984.
A travers cet accord, on remarque le souci des deux pays d'améliorer la connaissance et la compréhension mutuelles. C'est dans ce but qu'ils se sont engagés à encourager :

- L'échange de professeurs universitaires et de l'enseignement secondaire, ainsi que l'échange d'étudiants.
- L'organisation de différents événements culturels.
- La promotion des langues des deux pays.
- L'échange de matériels de divulgation: livre, films.
- L'établissement d'accords interuniversitaires.

Les deux pays se sont engagés également à faciliter les échanges entre leurs institutions et leurs universités, ainsi que l'accès aux ressortissants de l'autre Partie à toutes les institutions culturelles et de recherche contrôlées par l'Etat : comme les monuments historiques, centre de recherches, bibliothèques, collections d'archives publiques….

Quant à la reconnaissance des diplômes provenant de l'autres pays, l'article 6 prévoit que " chaque Partie Contractante reconnaîtra, à des fins professionnels et académiques les titres et les diplômes accordés par les institutions de l'autre Partie. "

Pour protéger les biens culturels, l'article 10 de cet accord stipule que les deux pays " prohiberont par tous les moyens à leur dispositions le trafic illégal de biens culturels ".


Durant la visite officielle du Ministre de la Culture du Brésil, M. Gilberto Gil, un Plan d'action a été signé en prévoyant la réalisation d'événements culturels brésiliens dans le domaine de la musique, du théâtre, des arts plastiques, de la littérature et du cinéma, au cours des années 2003, 2004 et 2005.

 

II - Echanges Culturels :

 

Les échanges culturels entre le Brésil et le Maroc ont toujours manqué de fréquence, de dynamisme et de diversité. Mais cette situation a changé depuis l'an 2000, avec la venue du nouveau Ambassadeur du Brésil au Maroc, M. Lauro Moreira.

Avant l'an 2000, la dernière activité culturelle brésilienne organisée par l'Ambassade du Brésil au Maroc datait de 1987, avec la présentation du groupe musical Verao Brasil (Brésil-été), crée par le Département Culturel du Ministère des Affaires Etrangères. Ce qui ne signifie pas pour autant qu'aucun événement ne s'était produit durant cette période. Au contraire, quelques événements de taille ont eu lieu, mais ils se sont faits rares et ont tous été organisés par des institutions marocaines ou étrangères. Comme ce fut le cas de la chanteuse Daniela Mercury, qui a été invitée par la Ligne aérienne VASP, ou encore du Professeur Ivo Pitanguy, éminent chirurgien plastique brésilien, qui a présidé une table ronde sur la chirurgie plastique à la Faculté de Médecine de Rabat. Il a été reçu et décoré par le Roi Hassan II.
Depuis l'an 2000, la présence brésilienne se fait de plus en plus ressentir dans le domaine culturel. En effet, l'Ambassade du Brésil ne cesse de multiplier ses participations dans des manifestations culturelles au Maroc, comme par exemple lors des éditions des années 2002 et 2003 du Festival de Rabat, quand une exposition du célèbre photographe brésilien, Sebastião Salgado, s'est tenue à la Galerie CDG, en plus de nombreuses présentations dans le domaine du cinéma, de la poésie, des arts plastiques, etc… Dans le domaine de la musique notamment, on peut relever la participation remarquable du Groupe Solo Brasil, qui s'est présenté huit fois, à Rabat, Meknès et Casablanca, toujours avec grand succès.

Dans le domaine littéraire, les échanges sont encore bien limités. En 1983, l'écrivain marocain Mohamed Choukri a publié au Brésil l'édition en portugais de son livre Le Pain Nu, paru sous le titre O Pao Nu, qui a été entièrement épuisé la même année. En 1991, le grand romancier brésilien Jorge Amado a participé au XIV-ème Festival Culturel d'Asilah. Dernièrement, en 2003, deux livres brésiliens ont été publiés au Maroc : le livre du sociologue Gilberto Freyre, Novo Mundo nos Tropicos qui a été traduit en arabe ; et l'édition bilingue d'Anthologie de la Poésie Romantique brésilienne, des Editions UNESCO, qui a été distribué à des bibliothèques et à des universités au Maroc.

Dans le domaine cinématographique, le cinéma brésilien était complètement absent au Maroc, avant la création du Festival International du Film de Marrakech en 2001. Lors des deux éditions de ce Festival, le Brésil a été représenté par deux grands films : Eu, Tu, Eles de Andrucha Waddington en 2001, qui a d'ailleurs reçu le Prix Spécial du Jury ; et Cidade de Deus de Fernando Meirelles, en 2002.
Deux films brésiliens ont également été présentés au Festival International de Rabat de juillet 2002: Estorvo de Ruy Guerra et O Judeo de Azulay. Au Brésil, le long métrage du marocain Saad Chraïbi, Soif, a participé au Festival de Rio de 2001.

Quant au sport, au football plus précisément, en 1983 l'équipe marocaine entraînée par un brésilien a remporté les Jeux Méditerranéens. Une année plus tard, sous l'entraînement d'un brésilien, elle s'est qualifiée pour les Jeux Olympiques de Los Angeles et pour la Coupe du Monde du Mexique en 1986.


III - Centre Culturel de l'Ambassade du Brésil:

Le Centre Culturel de l'Ambassade du Brésil au Maroc (CCAB) a été inauguré le 22 octobre 2002, par une soirée musicale animée par le quatuor marocain des Frères Akkaf et un récital du chanteur et guitariste brésilien Euclydes Matos. Cette rencontre marocco-brésilienne reflète parfaitement le but de ce Centre Culturel. En effet, le CCAB a été crée par l'Ambassadeur Lauro Moreira, dans le but de promouvoir la culture brésilienne au Maroc, mais aussi afin d'établir un dialogue permanent avec la culture marocaine.
Son siège est le propre salon du nouveau bâtiment de la Chancellerie du Brésil qui est aménagé en salle de projection, de musique ou en salle de conférence selon les besoins. Depuis son inauguration, un événement culturel est présenté chaque semaine. A cet effet, une programmation trimestrielle diversifiée, initialement baptisée " Les Mardis Brésiliens ", a été mise en place. La diversité et la régularité de cette programmation sont les éléments les plus important de ce centre culturel.