Relations Brésil-Maroc/
 
Relations Commerciales et Coopération
   
 
Par Adriana Monteiro de Barros Almeida
   

 

 

I - Accords commerciaux:


Accord Commercial :

Le 12 février 1983, un accord commercial maroco-brésilien est signé à Brasilia " pour faciliter et développer les échanges économiques et commerciales entre [les] deux pays ". Cet accord comporte 12 articles au total et définit clairement dans son article 1er que les Parties Contractantes agiront " conformément à leurs objectifs de développement et sans compromettre leurs engagements respectifs ". De plus, tous les articles précisent que les Parties Contractantes agiront conformément aux lois en vigueur dans leurs pays respectifs.

Afin d'encourager le développement des relations commerciales entre les deux pays, chaque Partie s'est engagée à faciliter l'organisation d'expositions de produits de l'autre Partie dans leurs pays, ainsi que leurs participations aux foires. Dans le même but, l'article VII stipule qu'ils " autoriseront l'importation et l'exportation de certains produits de l'autre Partie Contractante ", sans droits de franchise. Il s'agit de produits destinés à la publicité, comme les échantillons, les matériels de publicité, marchandises destinées aux foires, etc…

Pour veiller au bon fonctionnement de cet accord, l'article 10 prévoit la constitution d'une Commission Mixte, composée par des représentants des deux Gouvernements. Cette commission commerciale s'est réunie pour la première fois en juillet 1992, dans le but " d'examiner les problèmes posés par l'application de l'accord Commercial et de proposer les mesures appropriées susceptibles d'améliorer le commerce bilatéral " . Une seconde réunion est prévue en 2003, avec des fonctionnaires du Gouvernement et des entrepreneurs du secteur privé des deux pays.


Accord de Marine Marchande :

En décembre 1989, le Gouvernement marocain a proposé formellement au Gouvernement brésilien un projet d'accord bilatéral sur le transport et la navigation maritime, dans le but de " promouvoir de façon harmonieuse l'échange commerciale entre les deux pays et développer leur flotte marchande ". Le 16 janvier 1992, le Gouvernement brésilien présente sa réponse, en demandant le changement d'une clause qui ne s'adaptait pas à la politique brésilienne de transport maritime, qui défend la déréglementation et l'ouverture du trafic et stimule la compétitivité entre les armateurs.

Cet accord devrait faciliter la navigation commerciale entre les deux pays et simplifier l'accomplissement des formalités administratives, douanières et sanitaires. De plus, les bâtiments de l'autre Partie devraient recevoir le même traitement que les navires nationaux. Cependant, cet accord n'a pas encore été signé.

 


II - Accord de Coopération :

Le 10 juin 1984, un Accord de Coopération Scientifique, Technique et Technologique a été signé à Fez, mais n'est entré en vigueur que sept ans plus tard. En signant cet accord, les deux pays se disent " convaincus que la coopération scientifique, technique et technologique entre les deux pays est de nature à contribuer positivement au processus de production dans les différents secteurs de leur économies et au développement de leurs pays respectifs ".

Cet accord stipule que la coopération se réalisera :

 

- Par l'"apport réciproque de connaissances et l'échange d'informations et de documentations ".
- Par l'" organisation de visites et de voyages d'études de délégations scientifiques et techniques ", ainsi que par l'échange de spécialistes. Selon l'article V, des facilités administratives devraient leurs être accordés.
- Par l'" étude, préparation et mise en œuvre conjointe de programmes et/ou projets de recherches scientifiques, développement technique et technologique ".

Les Parties Contractantes peuvent rechercher le financement ou la participation d'une organisation internationale ou d'un pays tierce ; et peuvent coopérer ensembles dans un autre pays.
La création d'une Commission mixte est prévue dans l'article IV et devrait se réunir tous les deux ans alternativement au Brésil et au Maroc, ou à la demande de l'un des deux pays. Le but de cette commission est d'adopter des programmes d'actions. Cependant, depuis son entrée en vigueur, cette commission mixte a été convoquée une fois seulement, en juillet 1992, suite à la visite du Chancelier Rezek au Maroc .

Le 20 juin 1994, l'Ambassadeur Maati Jorio et le Chancelier Celso Amorim signent à Brasilia un Additif à l'Accord de Coopération Scientifique, Technique et Technologique. Les parties exécutrices de cet accord sont le SENAI (Service National d'Apprentissage Industriel) pour le Brésil et l'OFPPT (Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail) pour le Maroc.

Cet additif comporte deux axes principaux :

 

- La " formation de techniciens marocains au Brésil dans les filières qui n'existent pas encore au Maroc et/ou qui nécessitent un investissement très lourd et qui ne peuvent pas être rentabilisés, vu les besoins limités de l'industrie marocaine ".

- L'"envoie d'experts brésiliens à l'OFPPT pour l'assister dans certains domaines ", comme dans la planification de la formation professionnelle, la production du matériel audiovisuel, etc.

 

III - Liaisons aériennes entre les deux pays:

Le 30 avril 1975, le Maroc et le Brésil signent à Brasilia un Protocole aérien, accordant à Royal Air Maroc et à Varig la possibilité de relier les deux pays par des vols hebdomadaires. Cet accord, entré en application près de trois ans plus tard, a fait du Maroc le premier pays arabe et africain à avoir une liaison aérienne avec le Brésil. Depuis, deux réunions de Consultation Aéronautique ont eu lieu : la première en septembre 1978 à Rio de Janeiro ; et la seconde en mars 1980 à Brasilia. Mais malheureusement une année après le vol a du être suspendu.

La VASP, deuxième plus importante compagnie aérienne du Brésil, ambitionnait d'amplifier ses trajets internationaux et désirait maintenir une ligne Sao Paulo - Rio de Janeiro - Casablanca - Athènes - Bruxelles. Désir qui se concrétise en novembre 1994, quand la compagnie aérienne signe un accord avec la RAM à Bruxelles. Le vol est alors inauguré le 4 janvier 1996 et à cette occasion, Daniela Mercury, une chanteuse brésilienne de Bahia de renommée internationale, a été invitée pour donner un Concert à Casablanca. Cependant, ce vol a lui aussi été annulé, moins d'un an après son inauguration, le 1 décembre 1996.

 


IV - Promotion et Echanges Commerciales entre les deux pays:

Le Brésil est le principal fournisseur latino américain du Royaume et le septième à l'échelle mondiale, après la France, l'Espagne, les Etats-Unis, l'Allemagne, l'Italie et l'Arabie Saudite. Alors qu'il est le deuxième acheteur latino américain, après le Mexique, et le quinzième à l'échelle mondiale .
Un grand pas en avant, étant donné qu'en 1990 le Brésil était classé au dix-septième rang parmi ses fournisseurs et au vingt-sixième parmi ses clients. En effet, les échanges commerciaux ont connu un accroissement assez remarquable : le volume global a passé d'environs US$ 54 millions en 1989, à 64 millions en 1986, à 98 millions en 1987, pour atteindre 120 millions en 1990 .

Quant aux produits échangés, le Maroc achète principalement du Brésil : du bois, du sucre, des machines et appareil mécaniques, des huiles, du tabac, de l'aluminium, véhicules automobiles, tracteurs, du fer, de l'acier, du caoutchouc et ses dérivés, des semences et graines de fruits. Le montant des produits vendus s'élevait à 40,9 millions de US$ en 1999. Inversement, le Maroc a principalement vendu au Brésil : du phosphate et ses dérivés, du sel, des instruments mécaniques, des huiles et des produits d'horticulture. Dans un montant de 12,2 millions de US$ au cours de la même année.

Pour améliorer les relations commerciales entre les deux pays - qui restent timides - une Chambre de Commerce et d'Industrie Brésil-Maghreb a été crée au Brésil en juin 1991. Cette même année, son Président, Monsieur José Carlos Gonçalves, a effectué une visite au Maroc en août ; et en décembre, une délégation d'entrepreneurs brésiliens liés à cette chambre s'est rendue au Maroc. L'idée de créer une telle chambre est survenue dès la visite du Président Figueredo, quand les deux parties ont suggéré la création d' une Chambre de Commerce maroco-brésilienne afin d'intensifier les relations économiques et commerciales.

L'Association Marocaine d'Exportateurs (ASMEX) a été crée en 1982, dans le but de maintenir un réseau interne et externe d'informations commerciales : avec l'édition de bulletins et revues spécialisées, participations à des foires… . En octobre 2000, cette Association a ouvert un bureau de représentation à Rio de Janeiro, le premier en Amérique Latine, afin de promouvoir le commerce marocain au Brésil. Depuis, l'ASMEX, en collaboration avec l'Ambassade du Brésil au Maroc, a organisé une mission commerciale marocaine au Brésil, à la suite de la visite au Maroc d'une mission commerciale brésilienne, organisée par la Chambre Arabo-brésilienne de Commerce de Sao Paulo, en mars 2001.
En avril 2002, une deuxième importante mission commerciale brésilienne s'est rendue au Maroc, organisée par la Fédération des Industries de l'Etat d'Espirito Santo. Les résultats de ces missions ont étés très fructueux pour les échanges commerciaux et la coopération entre les deux pays.