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Entre la découverte du Brésil (1500) et le début de sa colonisation (1530) par les Portugais, une période de 30 ans (dite période pré-coloniale) s'est écoulée. En effet, le Portugal ne s'est pas intéressé immédiatement au Brésil, étant donné que la vente des produits africains et asiatiques était beaucoup plus lucrative que celle du "Pau-brasil", surtout à partir de l'ouverture de la route maritime vers l'Asie par Vasco da Gama (1498). Néanmoins, le Brésil suscita peu à peu l'intérêt de contrebandiers français qui vinrent s'installer sur les côtes du pays. Pour ne pas perdre ses terres, le Portugal décida de les coloniser.
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| I - Organisation de la Colonisation: |
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Quand le Portugal a décidé de coloniser le Brésil, il traversait une crise économique qui entravait le processus de colonisation du pays. Pour y remédier, Dom João III - Roi du Portugal - prit la décision de diviser le territoire brésilien en 15 districts, dits "capitanias" (voir carte en bas). Chaque région était confiée à un donataire choisi parmi la noblesse de la cour portugaise et qui prendrait en charge les dépenses de la colonisation. Ce système politique décentralisé ne tarda pas à échouer (à l'exception de Sao Vincente, Espirito Santo, Bahia et Pernambouc), mais il dura assez longtemps pour influencer le modèle territorial et politique de base du Brésil moderne. D'ailleurs, les États composant la Fédération d'aujourd'hui ont gardé leur nom du temps des "capitanias". A partir de 1572, le Roi portugais s'est vu obligé de prendre en charge la colonisation du Brésil et de créer un gouvernement général. En 1548, Tome de Souza est nommé premier Gouverneur Général du Brésil. |
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La colonisation du pays a dure 322 ans, jusqu'à l'an 1822, quand le jeune prince Pierre de Braganca déclare l'indépendance du Brésil vis-a-vis du Portugal.
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II - Les débuts de l'esclavage au Brésil : |
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A la découverte du Brésil, les premiers contacts entre les indiens autochtones et les Portugais furent amicaux, relation qui ne tarda pas à se dégrader. En effet, lors de la colonisation, ces derniers ont chassés les indiens de leurs propres terres et les ont soumis à l'esclavage. Toutefois, les indiens faisaient de mauvais esclaves, ils préféraient mourir plutôt que d'être asservis. Les envahisseurs devaient donc importer massivement des Noirs achetés sur les côtes d'Afrique, afin de pallier la pénurie de main-d'oeuvre locale et ceci dès le XVI-ème siècle. On calcule qu' environs 4 millions d'esclaves ont été importés jusqu'en 1888, date à laquelle l'esclavage a été aboli par le pays. |
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Esclaves travaillant dans une plantation de Canne à Sucre |
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Un Royaume africain en terre brésilienne : le 'Quilombo de Palmarès' "Las des traitements inhumains et des humiliations, certains esclaves fuient les plantations et vont se réfugier le plus loin possible, dans les forêts. Ils arrivent même à créer des villages, des 'quilombos', où ils retrouvent une vie comparable à celle qu'ils avaient connue en Afrique. L'un de ces quilombos est installé, au XVII-ème siècle, dans les palmeraies au pied des montagnes d'Alagoas, aux confins du Pernambouc, dans le Nordeste, d'où son nom de 'quilombo de Palmares'. Peu à peu, cet État dans l'Etat prospère. Les anciens esclaves y accueillent des Indiens et des mulâtres avec lesquels ils vivent en bonne intelligence. Durant certaines périodes, ils pratiquent des échanges avec les Blancs de la région. Palmares possède une structure sociale très efficace. Les Noirs se regroupent en divers 'royaumes', selon leur langue d'origine, Congo, Angola, Benguelas, Cabindas. Ils rétablissent les dynasties africaines ainsi que leurs us et coutumes traditionnels : les chefs de village se réunissent périodiquement en conseil dans la grande case. Nagôs et Bantuous construisent leurs maisons traditionnelles et chaque famille a la jouissance des environnantes qu'elle peut exploiter. (.) Il faudra aux colons blancs plus de quinze expéditions pour anéantir ce qui incarne l'espoir de tant de Noirs. (...) Pendant près d'un siècle, ils vont défendre leur royaume, contre les Hollandais d'abord et ensuite contre les Portugais. Autour de dix-huit villages de Palmares, les Noirs ont construit près de cinq kilomètre de fortifications, et la résistance sera dirigée par le grand guerrier Zumbi , auquel le roi Ganga Zumba passera le pouvoir.(...) En 1694, c'est l'assaut final : de redoutables guerriers venus de São Paulo avec d'abondantes munitions donnent le coup de grâce à Palmares assiégé. La plupart des Noirs préfèrent se suicider.'' Extrait du livre Brésil, épopée métisse , de Mario Carelli III - Expansions territoriales : Au fil des ans, les Portugais découvrirent les richesse que renfermait le territoire brésilien, notamment celle du sucre, ce qui augmenta l'intérêt des étrangers pour le pays. Ainsi, il fut successivement envahi par les Français (1555-1567; 1612-1615) et les Hollandais (1630-1654). Ces derniers s'installèrent à Pernambouc et grâce à leurs apports en nouvelles technologies et nouvelles méthodes d'administration, la région devint le plus grand centre de production sucrière et le Brésil le plus grand exportateur de sucre au monde. Les déboires de la France Antarctique: "En 1555, le Vice-amiral de Bretagne Nicolas Durand de Villegagnon fonde, sur une île de la Baie de Guanabara, une colonie qu'il baptise pompeusement la 'France Antarctique'. Ce chevalier de Malte, austère et pieux, ne badine pas avec les principes. Il interdit notamment à ses Hommes d'armes et aux bandits embrigadés pour fonder la colonie de 'paillarder avec les chiennes d'Indiennes' avec ces 'bêtes à apparence humaine'. Pour peupler la 'France Antarctique' il fait donc venir des bons chrétiens, disciples de Calvin pour la plupart. Bientôt naissent des querelles théologiques sans merci entre catholiques et protestants, qui préfigurent, à une petite échelle, les guerres de religion qui vont bientôt déchirer l'Europe. Jean de Lery est l'un de ces protestants de la France Antarctique. De retour en France, il écrit le récit de son Voyage fait en la Terre de Brésil , qui sera a l'origine du mythe du Bon Sauvage." ( extrait de L'épopée Brésilienne de Mario Carellio p.25) les Français ont finalement échoué leur conquête et ont été expulsés en 1567. La France équinoxiale: La deuxième invasion française du territoire brésilien a eu lieu au Nord-est du Brésil, dans l'Etat du Maranhao. Après avoir fait naufrage, les aventuriers Jacques Rifaules et Charles des Veaux s'établissent dans la région. Obtenant l'appui du gouvernement Français, ils ont crées une colonie, la 'France équinotiale', et ont fondé la ville de Sao Luiz (en hommage au Roi Saint-Louis de France). En 1615, ils sont expulsés par les forces portugaises sous le commandement de Jeronimo de Albouquerque . L'invasion Hollandaise: Au XVII-ème siècle, la "Compagnie des Indes" de l'Hollande, conquiert le Pernambouc sucrier et une vaste partie du Nord-est, avec ses troupeaux de bovins et ses plantations de manioc. Elle s'empare également de la province de Bahia, pour son tabac tant convoité. Les Hollandais sont restés une période de 24 ans, qui a fortement marqué l'histoire et la formation du peuple brésilien grâce surtout à l'administration des Jean Maurice de Nassao (1637-1644), Prince humaniste qui a su s'entourer d'artistes, de chroniqueurs et d'hommes de sciences, qui révéleront à l'Europe les trésors de la nature brésilienne.
Au même temps les luttes de résistance contre les envahisseurs éveillent un sentiment national , car face aux Hollandais, la population tout entière prend conscience de son appartenance brésilienne, une notion nouvelle distincte de la fidélité à la couronne portugaise. Des grands héros Indiens et Africains se sont distingués dans les batailles au cotés des Portugais. C'est la naissance du sentiment de nationalité au Brésil. IV - Expansion et fixation des frontieres : |
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Les premiers lieux occupés du territoire brésilien furent ceux à proximité du littoral, où se trouvait le "Pau-Brasil" et où ont été introduites les plantations de canne à sucre. A cette époque, les frontières du Brésil étaient fixées par le "Traité de Tordesillas", qui était destiné à mettre fin aux constants litiges entre l'Espagne et le Portugal, à propos du partage des terres découvertes et à être découvertes. Ce traité traçait une ligne méridionale à 370 lieues à l'Ouest du Cap Vert. Toutes les terres se trouvant à l'Ouest de cette limite appartiendraient à l'Espagne et celles se situant à l'Est seraient au Portugal. En 1578, dans la Bataille des Trois Rois, qui s'est tenue au nord du Maroc, le Roi Sebatião du Portugal perd la vie sans laisser d'héritier. Philippe II d'Espagne réclama la succession du trône vacant de Lisbonne. Ainsi, de 1580 à 1640, les deux royaumes péninsulaire furent réunis sous la couronne espagnole. En absence de frontières, les portugais pénétrèrent plus profondément à l'intérieur des terres, au-delà des limites établies par le traité de Tordesillas. Des expéditions organisées par les colons partaient (surtout de la ville de Sao Paulo) à la recherche d'esclaves indiens et de nouvelles richesses minérales. C'étaient les "Bandeirantes", qui s'organisaient en de grandes expéditions et qui ont atteint les régions les plus lointaines du Continent. Certains sont mêmes arrivés jusqu'au pied de la Cordillère des Andes. |
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Les Capitanias |
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En retrouvant leur indépendance en 1640, les Portugais ont refusé d'abandonner les nouvelles terres conquises à l'ouest de la ligne de Tordesilhas, qui à priori appartenaient à l'Espagne. Pour résoudre ce problème, les deux nations ont signées en 1750 le "Traité de Madrid", selon lequel le Portugal garderait les terres conquises situées au Nord, mais céderait celles du Sud, donnant au Brésil ses frontières actuelles. |
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A ce sujet voir le texte La Bataille des Trois Rois et le Brésil Lauro Moreira |
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| V - Le déplacement de l'axe politique, économique et culturel: |
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Au début du XVIII-ème siècle, la découverte de l'or plus au sud, à l'État de Minas Gerais ("Mines Générales"), a provoqué le déplacement de l'axe politique, économique et culturel de la Colonie vers la région Sud-est. En 1763, la Capitale se transfert de Bahia à Rio de Janeiro. L'or, en quantités ahurissantes, a apporté une grande richesse au Portugal (et, à travers lui, à l'Angleterre et à sa débutante Révolution Industrielle) en même temps que, dans la Colonie, il a entraîné la création des nouvelles villes et stimulé l'épanouissement des arts (la sculpture, la peinture, l'architecture et surtout la poésie et la musique), ainsi que la circulation de nouvelles idées politiques, puisant dans la Révolution Américaine et, un peu plus tard, dans la Révolution Française. En ce qui concerne aux arts en général, il faut dire d'abord que, jusqu'à ce moment là, la musique avait un caractère nettement européen et était destinée surtout à la fonction religieuse. Les missionnaires jésuites et franciscains l'utilisaient comme un instrument pour catéchiser les indiens. Mais dans les églises de Vila Rica (Ouro Preto) et dans d'autres villes de Minas Gerais, on écoutait une musique d'haute qualité, faite par les métis, et qui n'a été révélée au monde qu'à partir des années cinquante et soixante du XX-ème siècle, grâce surtout aux recherches de M.Curt Lange, un musicologue allemand, passionné par les exploits de ce groupe de musiciens. Mais c'était surtout la Poésie qui va marquer d'une façon extraordinaire cette époque d'épanouissement des arts au Brésil, avec la présence d'une pléiade de poètes du plus haut niveau, réunis sous la dénomination de GRUPO MINEIRO, et dont les noms le plus remarquables sont ceux de Thomas Antonio Gonzaga (1744-1810) et Claudio Manuel da Costa (l729-1789). |
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| VI - Le transfert de la Couronne portugaise : |
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Dom João VI
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Au début du XIX-èmè siècle, Napoléon Bonaparte dominait la quasi-totalité du territoire européen et menaçait d'envahir le Portugal à cause de sa solidarité avec l'Angleterre. La Cour de Dom João VI, Prince-Regent du Portugal, décida donc de se réfugier au Brésil. Ils quittèrent l'Europe le 29 novembre 1807 sous la protection de l'Angleterre, (seul pays échappant à la domination de Napoléon) et accostèrent le 22 janvier 1808 à Salvador da Bahia , avant de s'installer à Rio de Janeiro , qui devint la capitale du Royaume. |
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Le déplacement de la Cour Royale a joué un rôle important dans l'Histoire du Brésil. Auparavant, le Portugal monopolisait le commerce brésilien en imposant ses prix et en l'empêchant de commercialiser avec d'autres pays. Mais en échange de son aide, l'Angleterre a exigé la fin de ce monopole. De plus, durant son règne, Dom João VI procéda à l'urbanisation de Rio de Janeiro et de plusieurs autres villes, tout en donnant un nouvel élan aux productions artistiques.
La crise napoléonienne finie, le Roi fut rappelé au Portugal et il relança le programme de colonisation du Brésil, et par conséquent, celui du monopole. Ne voulant plus retourner à leur statut de colonie, les aristocrates portugais vivant au Brésil eurent de vives réactions et demandèrent à Dom Pedro (fils de Dom JoãoVI, resté au Brésil) de défendre l'indépendance du Brésil.

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