
le Baron de Mauá |
A la moitié du XIX-ème siècle, des petites fabriques, principalement des manufactures de textile, ont commencé à voir le jour. Puis, sous l'Empereur Pedro II, on a eu recours à de nouvelles techniques: les bases industrielles naissantes ont été développé et on a adopté des pratiques financières modernes, surtout avec le Baron de Mauá, le plus grand entrepreneur des Amériques du XIX-siècle. Avec l'effondrement de l'économie esclavagiste (il était moins coûteux de payer des salaires aux nouveaux immigrés, que d'entretenir des esclaves), l'abolition de l'esclavage en 1888, et le remplacement de la Monarchie par un régime républicain en 1889, l'économie brésilienne a connu d'importantes mutations. Les efforts déployés par les premiers Gouvernements républicains pour stabiliser l'environnement financier et revitaliser la production commençaient tout juste à aboutir, quand les effets mondiaux de la dépression de 1929 obligèrent le pays à de nouvelles réadaptations. |
Un premier mouvement d'industrialisation important eut lieu au cours de la période de la Première Guerre mondiale, et, à partir de 1930, le Brésil atteignit un niveau de fonctionnement économique moderne. Dans les années 40, la première usine sidérurgique fut construite dans l'État de Rio de Janeiro. Les progrès de l'industrialisation dans les années 50 à 70 permirent l'expansion d'importants secteurs de l'économie, telles les industries automobile, pétrochimique, d'acier et l'industrie agro-alimentaire, ainsi que la réalisation de grands projets d'infrastructures. Au cours des décennies suivant la Seconde Guerre mondiale, le taux de croissance du Produit National Brut (PNB) du Brésil fut parmi les plus élevés au monde, avec une moyenne de 7,4 % jusqu'en 1974. Au cours des années 70, le Brésil, comme plusieurs autres pays d'Amérique latine, reçut trop de liquidités en provenance des banques américaines, européennes et japonaises. Cet énorme afflux de capitaux fut dirigé vers des investissements d'infrastructures, et des entreprises d'État furent créées dans des régions peu attractives pour les investissements privés. Le résultat de ces injections de capitaux fut impressionnant. Le Produit Intérieur Brut (PIB) augmenta d'un taux moyen de 8,5 % par an, de 1970 à 1980, malgré l'impact de la crise mondiale du pétrole en 1973. Mais, au début des années 80, une augmentation substantielle et soudaine des taux d'intérêt dans l'économie mondiale précipita la crise des paiements en Amérique latine. Le Brésil fut forcé d'adopter des ajustements économiques stricts qui eurent pour résultat des taux de croissance négatifs. La suspension inattendue de l'afflux de capitaux réduisit la capacité d'investissement du Brésil. Le poids de la dette nationale affecta les finances publiques et contribua à accélérer l'inflation. Dans la seconde moitié des années 80, une série de mesures rigoureuses furent adoptées, ayant pour objectif de stabiliser la monnaie. Celles-ci comprenaient une politique de réajustement des salaires et des contrats en fonction de l'inflation, ainsi que le gel des prix. En 1987, le Gouvernement suspendit le paiement des intérêts de la dette commerciale extérieure, jusqu'à ce qu'un accord sur le rééchelonnement de la dette soit trouvé avec les créanciers. Bien que ces mesures n'aient pas produit les résultats espérés, à la fin des années 80, l'excédent total de la production économique a continué à augmenter, assurant un excédent de la balance commerciale suffisant pour couvrir les intérêts de la dette. La crise des années 80 a traduit l'essoufflement du modèle national de "substitution des importations" (politique qui soutenait l'industrie brésilienne en interdisant l'achat de certains produits fabriqués à l'étranger), et contribué à l'ouverture économique du pays. Au début des années 90, le Brésil s'est engagé dans une série de réformes économiques à long terme. Celles-ci incluaient une politique fiscale stricte, une réforme des impôts, la libéralisation du commerce, la déréglementation, la privatisation, et la mise en place d'un cadre légal et structurel pour attirer et augmenter l'investissement étranger. Un programme économique entièrement nouveau orientait désormais l'action gouvernementale. La privatisation s'est accélérée, surtout dans trois secteurs importants : l'acier, les fertilisants et les transports ferroviaires. Grâce aux réformes en matière de politique commerciale, le Brésil est devenu une des économies les plus ouvertes au monde, n'imposant presque aucune restriction quantitative en ce qui concerne les importations. Les droits de douane moyens ont baissé de 32 % en 1990 à 14 % en 1993. Depuis 1991, les capitaux étrangers ont recommencé à affluer.
Aujourd'hui la déréglementation est évidente : libéralisation des politiques financières, abolition d'un programme qui réservait le marché brésilien à l'électronique et aux logiciels brésiliens, et également, privatisation de plusieurs ports. Avec un PIB de 910 milliards de dollars en 1998, l'économie brésilienne - la huitième au monde - est dynamique et diversifiée. L'industrie assure 33,9 % de la production économique, l'agriculture 7,6 %, les services 59 %. Le dynamisme de l'économie du pays se reflète, entre autres, dans le commerce extérieur et dans les résultats à l'exportation. De 1988 à 1992, les exportations brésiliennes ont rapporté un excédent de 33 milliards de dollars, plus de 60 % de ces exportations concernant des produits manufacturés. L'Amérique latine absorbe presque 20 % des exportations brésiliennes, l'Union européenne plus de 32 %. Les États-Unis 19 %, l'Asie 20 %, ce qui reste des exportations se répartissant entre le Moyen-Orient et plusieurs autres.

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