Propositions d'actions gouvernementales
Par Fernando Henrique Cardoso Il est impossible de concilier la démocratie avec les graves injustices sociales, les diverses formes d'exclusion et les nombreuses violations des droits de l'homme qui ont lieu dans notre pays.
La société brésilienne s'évertue à promouvoir une véritable démocratie. Le Gouvernement a pris un réel engagement pour la promotion des droits de l'homme.
Le 7 septembre j'ai fait un appel à tous les brésiliens pour une ample mobilisation en faveur des droits de l'homme. Nous avons créé un Prix des Droits de L'Homme. Et nous avons promis de préparer un Programme National des Droits de l'Homme, comme le recommandait la Conférence Mondiale sur les Droits de l'Homme, réalisée à Vienne, en 1993, et dont le Comité de Rédaction a été présidé par le Brésil.
Nous avons commencé ensemble, Gouvernement et société, une longue marche en faveur des droits de l'homme, en tant que droit de tous, destinés à protéger les exclus et les plus démunis.
Une campagne contre la violence sexuelle a été entreprise, au cours de laquelle nous avons invité aux débats, à Brasília, les plus hautes autorités des services de Sécurité et de la Justice de tous les Etats de la Fédération.
J'ai participé aux commémorations du troisième centenaire de la mort de Zumbi. A cette occasion, j'ai mis en place un Groupe de Travail Interministériel pour la Valorisation de la Population Noire.
Le Ministère du Travail est en train de mener une lutte sans répit contre les différentes formes de travail forcé, surtout celui des enfants. En juin 1995, j'ai créé le Groupe Exécutif de Répression du Travail Forcé - le GERTRAF, afin de coordonner les efforts pour bannir le travail forcé.
En faveur des femmes, le Gouvernement a signé, le 8 mars 1996, des protocoles spécifiques dans les domaines de la santé, de l'éducation, du travail et de la justice.
En décembre, j'ai remis les premiers Prix «Droits de l'Homme», d'une valeur de 75 mille reais.
Malgré l'ampleur de ces initiatives, le plus grand pas sera franchi avec l'adoption du Programme National des Droits de l'Homme. Je suis convaincu que celui-ci sera le signe clair et sans équivoque de l'engagement du Pays avec la protection des droits des femmes et des hommes, des enfants et des personnes âgées, des minorités et des exclus.
Nul n'ignore qu'il est impossible d'éradiquer, du jour au lendemain, comme par un coup de baguette magique, l'injustice, l'arbitraire et l'impunité. Nous sommes conscients que le seul moyen d'y arriver consiste dans l'action ferme de l'ensemble du Gouvernement conjuguée à la mobilisation de la société civile. Nous sommes décidés à suivre cette voie avec détermination.
Le Programme National des Droits de l'Homme a été élaboré à partir d'une ample consultation avec la société. Des dizaines d'organisations et des centaines de personnes ont formulé des suggestions et des critiques, au cours de nombreux débats et séminaires.
La majeure partie des actions proposées dans ce document a pour but d'en finir avec la banalisation de la mort, que ce soit celle des victimes de la circulation, celle dans la file d'attente des dispensaires, celle dans les prisons, ou due à l'usage abusif des armes à feu, ou aux tueries d'enfants et de travailleurs ruraux. D'autres recommandations visent à empêcher la persécution et la discrimination des citoyens. Finalement, le Programme suggère des mesures destinées à rendre la Justice plus efficace, afin d'assurer l'accès plus effectif de la population au Judiciaire, et de combattre l'impunité.
Je suis persuadé que le Programme des Droits de l'Homme sera le guide qui orientera nos actions, aussi bien du Gouvernement que de la société, pour construire notre plus haute aspiration: un Brésil plus juste. |